[Critique] « Les étoiles restantes » de Loïc Paillard

29 juil

Pas un arabe à l'horizon...

Pas un arabe à l’horizon.

 

 De la poésie à en dégueuler, du bonheur dégoulinant, des dialogues dégueulasses : voilà le tiercé perdant de ce triste Les étoiles restantes. Parfait exemple du film putassier, censé faire du bien et être léger tout en abordant des sujets profonds, il ne fait qu’utiliser des thèmes très actuels (le retour à la nature pour se ressourcer, les prostituées qui ne font pas ça que pour le sexe mais aussi pour soigner l’animal qu’est l’homme, une certaine philosophie plutôt issue du magazine du même nom qu’inspirée…) pour captiver une audience « macronienne », tiède, dans l’air du temps, peu politisée mais qui croit l’être vraiment.

« C’était comme un voilier, un beau voilier qui cherchait un ponton pour amarrer, et moi je cherchais un bateau pour pas me noyer, ça tombait bien. Et puis un jour, il a remis les voiles et il est reparti sans regarder en arrière » : voilà ce que déclare sans rire l’actrice Camille Claris à propos d’un amant. Là où le film s’avère creux, c’est en effet dans les échanges entre les personnages, tout est efficace, rien ne cherche la longueur langoureuse dans la façon de filmer ou de s’attarder sur les visages, sauf bien sûr lorsque les deux héros font l’amour passionnément, sans se parler, sans se connaître.

 Le pire, c’est ce ton donneur de leçons définitives, avec des « jamais » et des « toujours » assénés par l’homme proche de la mort qui a forcément vécu : « Ne laisse jamais personne te dire que les étoiles, c’est des boules de gaz ». Cette injonction à rêver à tout prix est terriblement contradictoire avec le message plutôt humain que le réalisateur essaie de délivrer. Comme si le film de droite sans complexe avait trouvé son penchant commercial de gauche avec tous les ingrédients obligatoires du genre.

 Les étoiles restantes, on attend l’explication du titre tant il s’agit d’un film qui dit tout et ne laisse aucune place au spectateur. Et quand on l’a, on n’est pas déçu : les étoiles filantes filent et les étoiles restantes restent, c’est donc celles-là qu’il faut aimer, ceci suivi d’une petite explication sur les ex qui nous ont lâchés qui sont des connes, qui n’ont pas les yeux qui brillent. Il n’y a rien à sauver ici, et si le film mérite d’être vu, c’est pour lister tout ce que l’on ne veut plus voir au cinéma.

 P.-S. : si tu vends la maison en Bretagne, je te tue. On ne plaisante pas avec les traditions !

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