[Critique] « Champions » de Javier Fesser

21 juil

 

champions

C’est l’Espagne ça !

 

 

 Gagner, c’est bien mais l’aventure humaine et les qualités qui vont avec, émouvoir, avoir un style, c’est mieux. Non je ne parle pas de l’équipe de France de football championne du monde et intouchable, bien que là par défaut, mais bon, ça donne un prétexte pour faire la fête et il vaut mieux être Charlie que facho. C’est ce qu’essaie de montrer Champions avec un joli message clair et efficace, apparent dès le début : le chemin est plus important que le but.

 On n’est pas tout le temps dans la finesse cela dit. Mais c’est cet angle très direct qui permet au film d’aller droit au but et de parler la langue la plus populaire. Au-delà des blagues faciles et des thèmes déjà abordés dans des films plus adroits, c’est la maladresse qui est magnifique : chacun des déficients mentaux possède une ou plusieurs caractéristiques attachantes, une envie de vivre normalement, notamment de travailler et de critiquer les autres sans angélisme. Et c’est dans la difficulté que l’osmose se fait, jusqu’à la victoire finale.

 L’entraîneur – l’excellent acteur Javier Gutiérrez Álvarez, vu dans La isla mínima – est filmé comme une star, au centre de tout. Dans le film, son évolution est la nôtre. Les suppléments d’âme de sa vie feront son bonheur, seront les valeurs ajoutées qui lui permettront de comprendre et de s’attarder sur les détails qui le feront grandir. Même si les sirènes de la compétition et de la réussite finiront par le charmer à nouveau et faire dire à l’obscur champion olympique qu’il est toujours handicapé.

 Le baloncesto est un peu plus important en Espagne qu’ici, les grands clubs comme le Real Madrid et le FC Barcelone sont aussi des clubs de basket-ball, le film gagne ainsi en visibilité dans son pays d’origine. De plus, ce sport nous sert de vecteur d’apprentissage quant aux pathologies dont souffrent les joueurs, il permet de les illustrer. Champions glorifie l’amateurisme, comme dans les rapports entre l’acteur professionnel et les joueurs dans le rôle de leur propre vie, et a le même effet qu’un match entre villages rivaux et respectueux. Ce film apparaît comme une piqûre de rappel : la Coupe du monde est finie et l’élitisme n’est pas la seule voie.

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