[Critique] « Les nouveaux sauvages » de Damián Szifrón

12 fév

 

 

Le nouveau paquet cadeau doré du cinéma argentin...

Le nouveau paquet cadeau doré du cinéma argentin.

 

 Tout le monde a bien compris que c’était mieux avant et que les cinéastes et les spectateurs sont tous devenus bêtes, et donc oui Les monstres et Les nouveaux monstres de Risi et Scola étaient probablement mieux que ce film-là. Et si c’était justement parce que la stupidité s’est démocratisée et pour rendre compte de cette réalité que les personnages sont ici plus brutaux et la réalisation plus directe ? Peut-être est-il plus difficile aujourd’hui qu’il y a cinquante ans de faire un long-métrage, certes qui se compose – tout comme les films italiens précités – de plusieurs courts-métrages sans lien entre eux, qui prend le parti de se moquer des riches, du mariage et des taxes exagérées qui encombrent notre quotidien.

 Financé par les frères Almodovar, il y a de l’esprit du grand cinéaste espagnol dans ces nouveaux sauvages-là, mais plutôt l’esprit essoufflé de son petit dernier Les amants passagers, qui se déroulait presque entièrement dans un avion. La première scène prolonge d’ailleurs le film de l’instigateur de la Movida.

 Ricardo Darín, acteur incontournable – tant pour l’export que pour sa qualité – de la nouvelle scène sud-américaine, est très présent, et il draine avec lui d’autres célébrités de son pays qui méritent d’être connues : Erica Rivas, dans le mariage explosif, donne du fil à retordre au machisme ambiant et Julieta Zylberberg – à voir absolument dans La mirada invisible en vengeresse manipulée – vous empêchera de manger des frites sans arrière-pensée.

 À la fois populaire et à la frontière du populisme lorsqu’il s’empare de phrases toutes faites, trop usées, comme « On paye trop de taxes » ou « J’ai la haine contre ce bouffon qui me double avec sa grosse voiture », le réalisateur dont c’est le deuxième film se révèle assez juste quand il dénonce la corruption ou l’aisance d’une certaine classe sociale. Et ce, même si beaucoup trop de facilités dans la réalisation le desservent un peu, sans doute veut-il montrer son savoir-faire, se mettre au niveau de ses acteurs et de l’exigence. 

 Ce qui semble surtout déranger ou désarçonner les critiques et les spectateurs, c’est qu’il y a des sketches qui ont une morale et d’autres non, ou plutôt que certains finissent mal mais punissent les « méchants » quand d’autres ne satisfont pas à l’éthique – Bombita est réjouissant au possible ou raté et hors-sujet. On peut parler d’inégalités entre les scènes ou de plusieurs petits films sans lien, ce qui pourrait permettre d’en apprécier quelques-uns.

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