[Critique] « Party girl » de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

9 oct

   Party girl, c’est elle, Angélique, une femme ou une fille de fête éternelle aux multiples facettes qui n’a de cesse de les montrer.

 Un des réalisateurs est l’enfant de cette angélique enjôleuse et, plutôt que de nous faire un portrait idyllique de sa mère, il s’attache à nous faire comprendre son instabilité ou, mieux, sa modernité dans les rapports humains. Il ne s’agit pas d’un documentaire et en parler ainsi me semblerait négatif, négligeant avec le film car l’idée suppose que tout y est naturel alors qu’un scénario a été écrit. Par l’intervention d’un seul acteur, le naturalisme est bouleversé.

 Si Angélique Litzenburger ne manque pas d’amour, et de nombreux autres défauts, sa constante demeure l’inconstance. Et c’est assez beau de la voir détruire tout ce que les gens appellent une vie normale, chaque barreau de sa prison ou chaque gage de cette stabilité qui l’effraie. Elle tend vers sa liberté, et il semble qu’à chaque fois qu’elle a été heureuse, elle a décidé de buter le bonheur, de détruire le château de cartes pour vivre plusieurs vies. Ses enfants ont tous un parcours différent, comme si chaque partie de leur mère les avait vus grandir, chacun s’est façonné son propre avenir comme si elle avait su leur transmettre l’envie d’être soi-même. Est-ce qu’elle avait construit pour eux un socle assez souple pour qu’ils puissent s’élancer ? Sont-ils allés chercher ailleurs ce qu’il n’ont pas eu enfant ? Ce film questionne sur ces points essentiels, et c’est peu souvent le cas au cinéma, il a ce mérite. Pour autant, dans la forme, les temps morts (qui nous permettent justement de nous poser des questions ?) sont importants.

 Est-ce de la pitié que l’on ressent quand on la voit arpenter les rues sombres d’une Alsace à laquelle elle est attachée jusque dans son nom, avec ses amies entraîneuses (qui n’est pas le féminin d’entraîneurs) ? Est-ce la compassion qui nous prend lorsqu’on la voit montrer ses larmes face à un de ses enfants qu’elle avait abandonné ?

 Ce film est proche du réel, irrigué de fiction. Les petits canaux de scénario fluidifient l’histoire, rajoutent de petites scènes, sans doute afin de rendre moins triste la grande histoire de cette femme. Peut-être ressent-on un peu trop la volonté de séduire par le naturalisme. Il s’agit plus d’un cri du cœur d’un enfant pour sa mère que d’une œuvre mémorable. Cela dit, l’amour vrai, et donc ni manichéen ni commercial, est à saluer et la brise de liberté n’est pas désagréable.

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