[Critique] « Les combattants » de Thomas Cailley

17 sept

 

 

La sensualité contrariée, très joliment filmée.

La sensualité contrariée, très joliment filmée.

 

 Il est des films que l’on ne juge pas nécessaires, par le manque de vrai message délivré ou parce que l’on se souvient de peu de scènes marquantes, drôles, intenses. Peut-être Thomas Cailley a-t-il trop voulu nous distraire, avoir un impact immédiat sans nous prendre la tête ? Or, nous imposer une fraîcheur proclamée dans toutes les attitudes renfrognées et systématiques d’Adèle Haenel et dans toutes les réactions opposées naïves et gentilles de Kévin Azaïs pour arriver à ses fins est d’une monotonie impressionnante. Jamais le cœur n’est touché.

 On tente au début de nous faire sourire en considérant la mort comme un sujet léger, pourquoi pas, un peu comme dans Adieu Berthe de Bruno Podalydès mais en moins réussi car moins poétique, plus frontal. On essaie ensuite maladroitement de donner du rythme par la musique gentiment électronique, qui est une idée sans en être une tant elle est présente dans la bande-annonce mais pas assumée dans le film. Le réalisateur lance aussi des pistes inabouties, comme ces réflexions machistes qui pourraient emmener à des réactions ou tout du moins à une dénonciation de la bêtise, ou encore comme cette mère envahissante qui se mêle de la vie de ses enfants qui n’ont plus d’intimité, pour n’en rien faire au final.

 Après un début correct et une mise en situation emballée, on tombe dans un film scolaire, ce qui est logique puisque Thomas Cailley sort de la FEMIS, et c’est pourquoi il s’attache à répercuter les idées apprises pendant ses années de formation. On se croirait dans Grand central de Rebecca Zlotowski, pour la musique ou pour des leitmotivs comme la dénonciation légère et le traitement de la chose amoureuse. On pourrait aussi voir des déclinaisons des thèmes chers à Sophie Fillières comme ce retour à une nature dans laquelle l’homme ne sait plus vivre.

 La dernière partie du film est vraiment mauvaise, là encore, plus par maladresse que par réelle intention. On y entend par exemple que l’armée n’est plus le premier employeur de France, qui est aujourd’hui McDonald’s, et résonne en nous que notre beau pays n’a plus d’armée de métier et que pendant ce temps les gens grossissent. Je plaide l’inexpérience, l’homicide involontaire, car l’armée est ici globalement raillée. Enfin, pour nous achever, des éléments indigestes vont garnir la fin de la fin, un moment irréel façon fin du monde prophétique entrevue dans des tas de films à succès comme Take shelter et une référence appuyée à Into the wild, film que tous les gens se croyant originaux ont adoré.

 Trop de sujets à la fois sans vraiment les traiter et un survol puéril, léger tout au plus, résumé par une phrase du film : « Penser à pas grand-chose, c’est ça survivre ».

Une réponse à “[Critique] « Les combattants » de Thomas Cailley”

  1. Jujub 26 septembre 2014 à 14 h 09 min #

    Moi j ai bien aimé le film, ceux qui sortent de la remis sont talentueux en général. Bien sur que le film n’a rien inventé, mais on passe quand meme un bon moment.

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