[Critique] « L’ex de ma vie » de Dorothée Sebbagh

27 juin

 

[Critique]

Sens interdit en effet.

 

 Voilà une déception qui est à la hauteur de l’espérance éveillée par le premier long-métrage de la cinéaste Dorothée Sebbagh. Ceux qui ont aimé Chercher le garçon ne retrouveront aucun repère, ni la vitalité ni l’originalité entrevues alors. Après les rencontres sur Internet et cette façon à elle de montrer Marseille, nous voilà dans un Paris qu’elle filme par le prisme formaté de la tour Eiffel, premier plan lorsque l’on découvre la capitale et plan final. Quoi de plus normal pour un film plan-plan ? Un hommage à Woody Allen, encore lui.

 Le mauvais Woody Allen est une référence usitée, usée, usante. Il fait penser à ces touristes que l’on croise partout, aucunement inquiétants, légèrement souriants et qui vont dépenser un maximum d’argent dans les attractions, les hôtels et les restaurants de nos bonnes vieilles villes européennes. Est-ce que cela vous viendrait à l’esprit de considérer cette personne comme un modèle pour votre prochain film ? Il est ici partout et même cité en personne, afin que l’on n’oublie pas de penser à lui.

 Rien. Puis, encore rien à noter pendant vingt minutes, puis rien ensuite. De blagues censées jalonner ce genre de film grand public, il y en a peu, et pour que l’on comprenne bien, elles sont répétées, soulignées. Il règne une ambiance plutôt bonne, bon enfant la plupart du temps, à l’image de la manière de jouer sympathique de Géraldine Nakache. Et l’on peut y entrer facilement en se laissant aller. Mais voilà que des scènes plus mièvres encore viennent couper ce souffle léger : elle va se marier alors elle essaie des robes blanches et court dans la rue avec, images d’Épinal et d’Hollywood(y Allen). Une romance entre l’accent italien, qui mène à des quiproquos, et la France.

 À l’évidence, Dorothée Sebbagh a décidé de mieux gagner sa vie. Les filles mentent sur leur poids et les garçons sont orgueilleux, ils ont honte de leur métier s’il n’est pas valorisant. À ce propos, l’exemple est gênant : il est instituteur dans un village et elle lui avoue qu’effectivement elle en a eu honte. Bonjour la droite dure décomplexée.

 Sophie Cattani, qui apparaît en nymphomane hystérique, est irrésistible au milieu du marasme romantique. Elle portait sans doute à elle seule Chercher le garçon. Il y a malgré tout quelques bonnes idées furtives, comme celle d’aider un SDF d’une façon inventive, mais ça ne suffit pas du tout à faire décoller un film qui reste au niveau des marguerites que l’on effeuille, au niveau d’un téléfilm.

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