[Critique] « Les garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Gallienne

19 jan

 

La fameuse scène d'une bêtise grasse...

La fameuse scène d’une bêtise grasse.

 

« Tu t’écoutes trop, tu fais trop ton cinéma » : rarement une phrase prononcée dans un film aura autant reflété mon ressenti. Est-ce que Gallienne l’a glissée afin de devancer les critiques ? Ou pour nous montrer qu’il sait qu’il ne parle que de lui mais qu’il ne peut s’en empêcher ?

 Pire, non seulement il est omniprésent mais en plus il est obsessionnel et ne se montre que sous un seul aspect : sa sexualité, ou plutôt sa quête appuyée de sexualité, comme s’il voulait nous apparaître « normal ». On se demande pourquoi déclamer à la France entière son coming out à l’envers, comme il le dit lui-même, bref, son hétérosexualité. Quel cran ! Peut-être pensait-il que des gens dormaient mal en songeant qu’il aurait pu être homosexuel car maniéré ? Une thérapie, une psychanalyse à l’échelle nationale, un délire personnel sur nos écrans, voilà au mieux ce que nous propose le médiatique Gallienne. En espérant que ça lui aura fait du bien.

 Après le spectacle Guillaume Gallienne, l’émission sur France Inter animée par Guillaume Gallienne, Guillaume Gallienne joue ici son propre rôle mais également celui de sa mère, non sans talent d’ailleurs, ça commence à faire beaucoup. Trop ! Il nous signifie d’ailleurs qu’il est un homme cultivé qui a voyagé : en Turquie, il y a les prisons – vieux cliché qui date de Midnight Express, en Espagne, on danse la sévillane à longueur de journée et en Angleterre, on fait de l’aviron, on porte les uniformes d’école et l’on joue au cricket et au rugby sous la pluie. Ça valait la peine de lire tous ces livres pour nous asséner autant d’idées reçues, ce qui explique en partie le succès du film qui conforte le spectateur très moyen dans ce qu’il croit savoir de ces pays.

 Ludique au point d’être un peu crétinisant, il frise le manque de respect envers le cinéma à plusieurs reprises : en Allemagne, on parle français avec un accent allemand et en Espagne, on parle français avec un accent espagnol, ces étrangers ne font donc aucun effort ! Nous, on voyage et eux, ils ne font rien pour parler notre langue sans accent !

 Guillaume Gallienne, lors d’une scène de massage vulgaire au possible, parvient à se servir de Diane Kruger comme d’un faire-valoir et se donne la vedette une fois de plus. Guillaume Gallienne manque cruellement de confiance en lui, au point de créer une scène dans laquelle il sort de la chorale qui chante We are the champions pour se mettre en avant et déclamer théâtralement « of the world ».

 Monsieur Gallienne, je me moque de votre vie ennuyeuse et bourgeoise, portée à l’écran par on ne sait quel miracle.

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