[Critique] « Mon âme par toi guérie » de François Dupeyron

13 oct

 

[Critique]

La scène de la photo avec les deux sourires différents : vraiment risible.

 

 François Dupeyron adapte son propre roman Chacun pour soi, Dieu s’en fout – déjà un titre grandiloquent – en un Mon âme par toi guérie. L’homme aurait-il un égo surdimensionné ? Je crains plutôt qu’il ne soit atteint du syndrome « Je ne crois pas forcément en un Dieu, mais c’est certain qu’il y a quelque chose, on n’est pas là par hasard » très courant chez bon nombre de cinéastes puritains tels Terrence Malick et Jeff Nichols, que la critique adore pour arriver à mettre en images leur banalité.

 Son héros, et c’est vraiment le cas, a un trésor dans les mains : il sait guérir. C’est un don du ciel et de sa mère tout à la fois. La péripatéticienne qu’il va gentiment voir le soir pour se changer les idées est elle aussi angélique et compréhensive, par contre, on ne les voit pas faire l’amour. Le personnel hospitalier est sympathique, même après une dure journée de travail, il faut dire que le film est très humain, oh oui très. Humain mais pas social et donc presque pas réel. Pour une séance d’amour, c’est raté.

« La mer, ça donne à réfléchir, non ? » dixit Darroussin, perdu au milieu des autres, le regard dans le(s) vague(s) en train de faire du Darroussin patibulaire sans texte ni relief. « Pourquoi j’ai arrêté de fumer ? » entend-on aussi. À la question, on peut répondre facilement que c’est pour éviter le cancer du poumon. Quant à l’appréciation de la nicotine en question, quelle liberté de ton ! Formidable ! Ne pas se laisser étouffer par cette censure, par le politiquement correct, mourons tous du cancer !

 Est-ce que le réalisateur touche des royalties chaque fois qu’il nous assène sa bande son - country, comme un écho supplémentaire aux cinéastes américains précités - comme signal de scène émouvante ? Et puis, ces moments d’évasion au volant de sa moto, là encore, quel vent nouveau nous souffle au visage ! À moins que ce ne soient les gaz d’échappement.

 Grégory Gadebois sera sans doute bon dans d’autres films, il n’a pas besoin de beaucoup parler pour s’exprimer, voir Angèle et Tony d’Alix Delaporte, et Céline Sallette est douée. Mais ce n’est pas pour cette fois. Ils sont simplement tous les deux, lui en guérisseur paumé et elle en poivrote, et leur histoire d’amour est d’une pauvreté ahurissante. Une fois de plus, on nous donne à voir une image chimérique de l’amour, en rien vraisemblable, sans sentiment né de situation vécue, seulement une pseudo-beauté immaculée, un fait brut : ils s’aiment, voilà tout.

 Mais nous ne sommes pas à Hollywood, mais ici sur la Côte d’Azur, et en amour, nous ne sommes pas des moutons suiveurs ni des brebis égarées que l’on guiderait vers Dieu.

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