[Critique] « Elle s’en va » d’Emmanuelle Bercot

9 oct

[Critique]

Une bonne cigarette sur le bord de la route, à ne pas confondre avec…

 

 Creusant jusque dans la caricature la veine la plus usée du cinéma, on retrouve Catherine Deneuve essoufflée, prête à tout pour trouver des cigarettes en rase campagne bretonne. Certains y verront le signe qu’en effet, en Province, on ne trouve rien, d’autres qu’il est plus difficile de mourir du cancer un dimanche loin des bureaux de tabac. Prétexte idéal pour se séparer sans heurt après une nuit d’amour, il sert ici de tremplin à l’histoire.

 Emmanuelle Bercot dédie son film à Claude Miller. En effet, celui-ci porte en lui un effronté fort attachant. C’est de la rencontre entre ce garnement et Deneuve que naîtront les plus belles scènes. Bercot est aussi influencée par Raymond Depardon, d’après ce qu’elle en dit, sans doute pour la scène épatante (s’il faut voir le film c’est en majeure partie pour ce moment) de la rencontre avec ce vieux fumeur qui peut la sauver.

 Si Catherine Deneuve ne joue pas son propre rôle, Bercot installe une ambivalence, et l’on a l’impression de côtoyer l’actrice au quotidien. Ça ressemble fort à un hommage, à la beauté toujours jeune d’une femme souvent montrée de profil, le même qu’aimait filmer Jacques Demy, à ses cils papillonnants et son port de tête altier.

 L’ambiance et la simplicité du scénario font penser au film Les beaux jours de Marion Vernoux, avec Fanny Ardant qui, comme Deneuve, réussit une deuxième carrière, ou tout simplement la poursuit de belle manière grâce à son humilité.

 La première de Camille est plutôt réussie, peut-être en partie parce qu’elle joue un rôle pas si éloigné de son caractère, et c’est assez joli de voir Hafsia Herzi dans un rôle anecdotique.

 Du moment que l’on est dans un route film, c’est très réussi. On sillonne la France, qu’un sang impur n’abreuve pas, de diagonale du vide en villes de Province, et les paysages, les situations toujours vives, emplissent notre esprit. Puis arrive le banquet final et là, par contre, on a l’impression d’assister à une fête qui installe un happy end.

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus