[Critique] « Rock the casbah » de Laïla Marrakchi

6 oct

 

[Critique]

« Ah qu’elles sont jolies les filles de mon pays… ».

 

 Réunir Lubna Azabal, Hiam Abbass et Nadine Labaki, en voilà une prouesse, dommage que la finalité soit si décevante. Se passer de la noirceur, du sens tragique de Lubna Azabal pour lui faire jouer un rôle sans nuance, quel gâchis ! Comment manquer de finesse à ce point ?

 Après Cheba Louisa de Françoise Charpiat, Rock the casbah pédale lui aussi dans la semoule. On se croirait au Club Med, tout se passe dans des cadres idylliques, de belles villas guindées où le thé à la menthe - cliché de l’imagerie occidentale – coule à flot. Et surtout, aucun répit, pas de haut ni de bas, il faut toujours que les échanges soient vifs ou qu’un scandale éclate, et finalement pas de temps mort, ou plutôt si, un seul, tout le film.

 D’après Michel Ciment (Projection privée et Le masque et la plume), c’est en parlant aux cinéastes de leurs intentions que l’on peut les comprendre le mieux. Laïla Marrakchi déclare avoir choisi ce titre, plutôt que le mot enterrement en arabe, pour viser un public plus international. Elle dit dans la même interview : « On me reproche ma liberté de ton parce que je dis ce que je pense, je ne fais jamais d’autocensure, je décris les choses comme elles sont », quelle liberté et quelle humilité. On peut aussi choisir de décrire les choses de façon intéressante.

 Estampillé film de femme – à quand les films de nain ? – selon l’idée rétrograde que les femmes seraient toutes sensibles et donc plus à même de comprendre certaines choses, on assiste en effet à un enchaînement de scènes dignes d’un roman-photo sans intérêt.

 De la manière de découper son film en trois – les trois jours d’enterrement – aux dialogues insipides, en passant par des phrases chocs comme « Quand on est mort, on est tous égaux » ou encore « J’ai envie de rêver, de vivre », le choix des musiques – Comme d’habitude en version arabe – ou encore la voix off d’Omar Sharif, la mort que l’on voit si souvent à l’écran est à tous les étages.

 Peut-être que la réalisatrice de Marock a voulu calmer le jeu et susciter un peu moins de polémique. Dans quel cas, c’est réussi et le film passe inaperçu, incapable de provoquer le moindre émoi devant des situations pourtant tragiques tant on n’a pu s’attacher à des personnages systématiques et prévisibles.

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