[Critique] « Ma meilleure amie, sa sœur et moi » de Lynn Shelton

19 août

[Critique]

Confessions sur l’oreiller entre sœurs, waouh j’adore trop !

 

 Signe de dégénérescence du cinéma, et peut-être de la société, le sitcom pour adultes n’a jamais été aussi présent et soutenu par la critique, soit par fausse tolérance (« C’est pas si grave après tout, ça ne fait de mal à personne, on a le droit de se distraire ! »), soit par conviction (Spring breakers serait le meilleur film de l’année car il serait un grand rien). Palliatif d’une vie triste et éternellement décevante, il envahit nos écrans sous forme plus ou moins sophistiquée, des American pie pour les sept à quarante ans aux Woody Allen pour les trente à soixante-dix ans.

 Celui-ci, entre Les feux de l’amour et Hélène et les garçons, ne sait vers lequel pencher. Entre les déchirements tragiques, les révélations à en couper le souffle des asthmatiques de l’émotion, le déjà-vu, les bouderies intenses et les câlins, les dorlotements inappropriés à base de « I miss you » ainsi que les mains entourant et serrant fort les tasses de thé ou de café, le film hésite sans trancher.

 Chaque soir, on a droit à : « Je ne peux pas dormir, qu’est-ce qu’il m’arrive ? » et le lendemain à : « How are you ? » – « I am OK, fine ! ».

 J’ai souvent ri lors des moments faits pour nous émouvoir et marmonné intérieurement mon désarroi lors des blagues grand public. Particulièrement pour celle qui est très en vogue dans les comédies, faite pour rallier le plus grand nombre de gens à sa cause, qui consiste à se moquer des personnages végétariens. Ainsi, la réalisatrice nous indique sa préférence pour le sucre, le beurre et les pancakes gardiens de la tradition, et souligne la tristesse, le mal-être des gens qui réfléchissent à ce qu’ils mangent.

 La morale est positive et légère, légère : que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel, au fond, on a envie des mêmes choses, à savoir d’amour et d’élever des enfants. J’ai bien peur que le film ne desserve, ou au mieux n’ait aucun impact sur la cause qu’il est censé servir.

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