[Critique] « The bling ring » de Sofia Coppola

1 juil

 

[Critique]

À l’horizon, la déprime.

 

 Après les soi-disant innocents Virgin suicides et Lost in translation, j’avais perdu de vue Sofia Coppola, qui m’apparaissait comme la plus parfaite des fashion victims. Il est en effet difficile de se départir  de cette image qu’elle s’est façonnée à l’aide des médias, cette incarnation d’un rêve américain à l’envers, français : elle vit en centre-ville parisien et, comme beaucoup de bobos, elle croit ainsi mener une vie de bohème.

 Icône du cinéma indépendant, cherchez l’erreur, la toujours jeune, cherchez l’erreur, réalisatrice parle dans The bling ring de ce qu’elle connaît bien : la mode, le milieu adolescent friqué et sa superficialité attenante, qu’elle ne peut dénoncer mais qu’elle peut montrer telle quelle tant elle est juge et partie.

 Là est le lien entre la personnalité de Sofia et son cinéma : précieuse à souhait, esthétique et timide, elle nous montre sans prise de position son inutilité cinématographique sans nous déranger une seconde.

 Le papier glacé mouvant, à l’instar du confort démesuré des personnages, nous emmène aux portes du rêve prémâché, sur le palier des maisons de starlettes futiles.

 The bling ring, comme beaucoup de films qui mettent en valeur un fait divers, est d’un point de vue moral néfaste : les méchants voleurs, ô jeunesse perdue, dépouillent des stars qui elles n’ont pas volé leur argent. On a même droit, afin que la morale soit sauve, à des scènes, heureusement elliptiques, de tribunal.

 Telle une grande adolescente qui regarde de la télé-réalité tous les soirs, tout en portant un tee-shirt où il est inscrit DEMOCRACY devant et ANARCHY derrière (ça fonctionne aussi pour SHY/BITCH), la réalisatrice est fascinée par cette période charnière où l’on se cherche. Et pour cause, elle est restée bloquée, attardée, à la traîne à ce moment de sa vie.

 Comme un gros bonbon acidulé donné à des obèses, ce film est plutôt agréable à consommer et ne constitue pas la majeure partie, le ventre mou, du cinéma indigeste. Il alimente encore un peu plus la popularité de la culture de masse et nourrit son public déjà gavé de publicités, de références débiles qu’il faut connaître et acheter à tout prix, de vulgarité esthétique.

P.-S. : Afin de la cambrioler plus facilement, l’adresse de Sofia Coppola est…

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