[Critique] « L’inconnu du lac » d’Alain Guiraudie

27 juin

[Critique]

Une image brillante pour un film qui ne l’est pas.

 

 Passé l’impact visuel de tous ces sexes mous, de ces corps nus, fins ou gras – après tout, pourquoi pas montrer les hommes tels qu’ils sont, que reste-t-il de ce film ?

 Comme une pseudo-liberté assumée, et assumée, et tant assumée qu’elle nous assomme, le réalisateur a cru bon de filmer à hauteur des attributs masculins. Hormis quelques rares moments agréables, on s’ennuie ferme, ferme comme le corps de chacun des deux héros, excellents nageurs.

 Je m’adresse alors à ceux qui ont vu le film : imaginez la même histoire avec des hétérosexuels. Est-ce que vous n’y verriez pas simplement des gens baiser au grand jour, sous des arbres, se rencontrer près d’une étendue d’eau, et rien d’autre ? Bref, un reportage sur le cap d’Agde ? En effet, Alain Guiraudie nous montre que les homosexuels ont aussi le droit d’être des beaufs, des ringards, comme si dans la vraie vie, ils voulaient également se marier pour avoir accès à la banalité comme bon nombre de nos concitoyens formatés.

 D’une unité de lieu désarmante – l’idée d’isoler les protagonistes dans cet endroit ensoleillé formé du triptyque lac/forêt/parking aurait malgré tout pu être intéressante, le film souffre d’un scénario improbable. Les dialogues sont insipides, dignes d’un récent Woody Allen. Là encore, les intentions sont présentes mais l’écriture est défaillante et nous donne à penser que l’amour est le même pour tout le monde, au-delà des sexualités, et non pas propre à chacun, à chaque couple.

 Comme un alibi, Guiraudie incruste une intrigue sans rapport avec le reste de l’histoire. Privé d’indice et de psychologie, le spectateur ne peut à aucun moment comprendre les gestes graves irréversibles, les sentiments ou le ressenti des personnages.

 On nage dans un lac, comme le font trop souvent les acteurs, on tourne en rond dans ce cadre pourtant attachant.

 Quels sont les messages du film ? Montrer des homosexuels faire l’amour crûment comme dans Homme au bain de Christophe Honoré – L’inconnu du lac est interdit aux moins de seize ans - suffit-il à faire un bon film ?

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus