[Critique] « La fille du 14 juillet » d’Antonin Peretjatko

12 juin

[Critique]

Les gauchos, ça boit les bouteilles et après ça rêve que ça marche dessus.

 

 Ce film a un truc et une Truquette (féminin de truc, ici Vimala Pons) qui ont un charme fou.

 Ce qui me plaît énormément dans ce film ce sont ces dialogues qui semblent la plupart du temps improvisés ainsi que cette légèreté entretenue si efficacement. L’empathie fonctionne à fond pour les hommes, comment ne pas vouloir partir en vacances avec la blonde et la brune, fantasmes absolus. Deux allusions à Godard en prime : ce machisme peu insistant à l’ancienne consistant à montrer des jolies jeunes femmes exposées mais pas trop et cette voix off désabusée, ou neutre selon comme on l’interprète, qui donne au cinéma un cachet. Pour autant, n’imaginez pas que vous verrez un chef-d’œuvre ou l’amorce d’une nouvelle Nouvelle Vague.

 Antonin Peretjatko désamorce la bombe du spectacle dès les premières minutes et instaure la tolérance chez le spectateur. Il réussit à nous faire sourire de blagues plutôt ratées et à nous faire marrer lors de situations burlesques : le gag couperet par exemple, qui condamne les plus intolérants d’entre nous, est d’un parti pris jouissif.

 Je remercie une nouvelle fois les critiques de cinéma de tout poil qui essaient de trouver une logique à un enchaînement de blagues (rire peut-être ?) ou qui n’hésitent pas à parler de film révolutionnaire là où la comédie se fait anodine, dans le bon sens du terme, et où elle dénonce les dérives de ce monde de fou qui passent inaperçues à force de faire des concessions sur le ton du fatalisme crasseux.

 Ah, vous pourrez aussi piéger vos amis qui feront semblant d’avoir vu le film, car présenté comme un road movie par les médias, la route est très courte puisqu’elle ne concerne que quelques scènes faites pour rire un peu plus et se moquer de ce genre de film, où l’on est dans une voiture et où la liberté est symbolisée par des cheveux qui volent au vent, et la consommation de drogue ou d’alcool.

 Voilà le vrai chemin pour envoyer bouler la crise : le plaisir, se jouer des institutions absurdes, ne plus penser au lendemain et ne pas avoir peur d’être soi-même un brouillon, raturé, illisible mais terriblement personnel.

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