[Critique] « Pieta » de Kim Ki-duk

14 mai

[Critique]

Pitié, pas Pieta !

 

 Un film de San Dsu-dsou euh… non de Kim Ki-duk, mais on pourrait le rebaptiser ainsi tant ce que l’on voit est brouillon. Un passage en est d’ailleurs la parfaite illustration : lors d’un face à face, la mère et le fils se livrent à un énoncé de notions globales éparpillées tout au long du film sans le moindre lien entre elles.

 Une heure quarante-quatre. Une heure quarante-quatre de douleur pour moi, sans aucune récompense, sans aucun instant de réjouissance, et pas de moment triste convaincant non plus.

 Sa vierge Marie asiatique de mère le suit comme un ange gardien. Et ce n’est pas Jésus qui est mort dans ses bras comme le titre pourrait l’indiquer mais le film lui-même. Le réalisateur ne fait preuve d’aucune compassion, autre valeur religieuse, envers le spectateur et il essaie de nous faire comprendre que les hommes sont des animaux. Il s’agit là de la seule doctrine claire.

 Mettre de la distance entre les personnages et la sensiblerie pourrait s’avérer un choix judicieux si, par la manière de filmer ou par un stratagème scénaristique, on nous intéressait au sort des protagonistes, si l’on s’attachait un minimum à eux, mais autant d’inhumanité nous amène à avoir envie de quitter la salle avant la fin.

 À rajouter à tous ces défauts : le manque de finesse – les coréens seraient pour la plupart dévots, soumis et obsédés – ainsi que le manque de confiance dont Kim Ki-duk fait preuve envers le public – l’image de la mère affichée au mur, qu’il « tue » tous les soirs, est au début une femme informe remplacée ensuite par la photo de la mère elle-même ! Un film supplice.

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