[Critique] « Le temps de l’aventure » de Jerôme Bonnell

4 mai

[Critique]

La non-fille de Raymond et son british.

 

 

 Cela pourrait s’appeler Ce qu’il reste de romantique.

 Pendant la première partie, je penchais la tête pour mieux suivre les inclinaisons de sa tête à elle. Elle, c’est Emmanuelle Devos, dont le réalisateur doit être amoureux pour la filmer si joliment. Et lorsque l’on ne la voit pas, c’est au travers de son regard que l’on déambule dans un Paris retrouvé, un Paris libéré, redevenu humain, avec ses rues et ses commerces, son ambiance et son métro. Métro qu’elle, provinciale, a du mal à supporter.

 Comme les rues sont différentes lorsque l’on est amoureux, et comme nos proches hérités en cadeau du ciel sont inintéressants et futiles quand ils s’énervent alors que nous planons avec elle dans la journée d’une femme originale. Même le bruit constant de la foule uniforme et les regards anonymes ne parviennent pas à nous faire penser à autre chose.

 Après seulement quelques minutes, on ne parvient plus à savoir si l’actrice rend le film beau, et si la mise en scène y est pour beaucoup, ou si c’est l’osmose entre le réalisateur et son actrice fétiche qui rend le film émouvant.

 Du côté de Bonnell, le talent est là : ramassé sur une journée, le film réussit à alterner les moments mous et les dialogues intenses, fait preuve de psychologie, dénonce les gens qui se retiennent d’être eux-mêmes, montre des scènes sensuelles juste après un moment drôle pour surprendre et surtout gêner les gens bien assis, bien en place dans leur vie comme dans leur cinéma.

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