[Critique] « Perfect mothers » d’Anne Fontaine

5 avr

le soleil australien illumine leurs visages tristes de cougar...

Le soleil australien illumine leur triste visage de cougar.

 

 Dans ce film d’Anne Fontaine, on apprend en tout premier lieu qu’il y a des surfeurs en Australie. Mais aussi de grandes maisons avec de belles baies vitrées pour admirer l’océan. La caméra nous l’indiquera lorsque l’on aura rien à filmer de spécial, accompagnée d’une musique pleurnicharde : des vagues déchaînées lorsque les personnages sont mécontents et un grand soleil quand ils sont heureux.

 Naomi Watts n’est pas une grande actrice, même si elle est toute mimi et un peu moins mauvaise que pas mal d’autres plus connues qu’elle. Elle a les mêmes expressions lorsqu’on lui annonce une surprise plutôt anodine que lorsqu’elle apprend dans The ring que son enfant a visionné la vidéo de la mort qui tue : elle écarquille les yeux intensément. Robin Wright, son acolyte dans le film, n’est guère meilleure et agit un peu comme sa jumelle. En effet, elles ne sont pas siliconées et malgré tout attirantes, cela va bientôt être une raison suffisante pour trouver le film intéressant, mais encore faudrait-il ne pas surjouer toutes les scènes, laisser des respirations au spectateur.

« Ça va ? », « Comment tu te sens ? », « Tu es sûre ? », « T’es heureux là-bas ? », « Tu vas bien ? », « Et toi, ça va avec Anna ? »… je ne les ai pas toutes retenues mais il va falloir apprendre à mettre en scène les états d’âme, à nous les faire comprendre par des détails alentours, par une expression de visage convaincante ou par le silence éloquent des sentiments.

 Anne Fontaine pêche (ah ah ah) dans son approche psychologique et elle compense par des procédés plutôt inspirés, comme filmer les visages de près ou nous montrer son amour pour les beaux garçons – en effet, elle s’arrange pour que dans les scènes sensuelles le corps de l’homme jeune soit plus exhibé que celui des actrices, et ça change un peu.

 Tout demeure affreusement prévisible et si je me suis amusé à deviner la suite pendant quelques instants, je me suis vite lassé de ce petit jeu pour finir par décrocher, écœuré de ce manque de finesse : au lieu de nous montrer leur planche sous le bras lors d’une course vers la mer qu’ils vont surfer, on les voit effectuer des figures, caméra à demi-immergée, plusieurs fois dans le film, pour finalement rien n’indiquer de spécial ensuite !

 Un film en pilotage automatique, sans personne aux commandes, y a-t-il un réalisateur pour sauver le cinéma ?

 

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