[Critique] « Au bout du conte » d’Agnès Jaoui

27 mar

 

[Critique]

Agathe (the blues) ou Casper.

 

 Le quatrième long métrage d’Agnès Jaoui est un peu moins réussi que les trois précédents, elle peine à nous faire ressentir ce qui lui tient à cœur au-delà de l’envie de nous montrer en quoi les contes nous avilissent. Sa critique de la société française se fait alors moins acide, plus lisse.

 Au cœur d’une histoire désordonnée, les rires gênés - peut-on vraiment trouver des acteurs français drôles, eux qui sont tous mauvais paraît-il ? – s’enchaînent au fil des apparitions de notre Jean-Pierre national, euh Jean-Pierre Bacri pardon. Le formidable acteur monopolise l’attention et relègue au second plan d’autres acteurs pourtant bons, notamment le jeune couple candide Agathe Bonitzer – de plus en plus craquante – et le beau bègue Arthur Dupont, ainsi qu’un Benjamin Biolay dont la diction et la monotone poésie agissent à merveille.

 Les références aux contes sont peu creusées et hormis Cendrillon et Blanche-Neige, qui sont d’ailleurs frontalement exposées, le filon n’est pas exploité à fond. J’aurais rêvé qu’Agnès – on est potes elle et moi - instaure des parallèles percutants entre la superficialité ambiante et d’autres mythes grecs ou orientaux, qu’elle grime (ah ah ah) Bacri en père Coca-Cola par exemple.

 Gageons qu’il ne s’agisse que d’une fatigue passagère pour une cinéaste qui reste toujours une dialoguiste de talent et qui détient en JP un diamant brut.

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