[Critique] « Goodbye Morocco » de Nadir Moknèche

21 mar

[Critique]

Lubna Azabal ou l’assurance d’un bon film.

 

 Filmer Lubna Azabal est pour un réalisateur un cadeau du ciel, qui plus est au Maroc où la religion prend une place importante dans la société. Par sa noirceur, l’actrice pose une chape de plomb sur le film. Manipulatrice à souhait, on se dit à chacun de ses sourires qu’elle manigance quelque chose et l’on ne se sent pas épié seulement quand elle porte ses lunettes noires.

 Radivoje Bukvic, slave de service dans de nombreux films et beau mec au français parfait puisque agrémenté d’un accent, joue son compagnon à merveille. D’ailleurs, les seconds rôles sont soignés et Nadir Moknèche a dû voir Illégal, Les bien-aimés et Angèle et Tony, quelques pépites récentes du cinéma francophone, pour faire son casting.

 Dans une Afrique à plusieurs vitesses, où la pigmentation détermine le salaire et le niveau d’éducation, et où tout s’achète avec des cacahuètes, le réalisateur nous montre que l’exil reste la solution, un but recherché. Les croyants suivent les recommandations divines et vivent dans le dénuement conseillé – ô Vatican – tandis que les moins moutons, à moins qu’ils ne soient des brebis égarées, croient, quel comble, accomplir leur bonheur dans une réussite pécuniaire.

 Rien ne se résout d’un coup de baguette magique dans les films de Moknèche, tout est embryon de sujet à traiter plus entièrement, ce qui peut être vu comme un défaut j’en conviens. Il ne faut pas perdre de vue tout de même qu’il est moins facile pour lui d’aller au bout d’une idée précise, contrôlé, épié qu’il est par le pouvoir politique algérien, pour preuve son exil forcé au Maroc pour tourner ce film. Il faut simplement accepter d’être plongé dans une réalité, une ambiance autre, aux frontières du policier sans policiers, du thriller sans Michael Jackson.

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