[Critique] « Syngué sabour – Pierre de patience » d’Atiq Rahimi

13 mar

[Critique]

Pendant la guerre, on reste coquette et proprette quand même.

 

 Il est difficile de ne pas faire le lien entre la nouvelle vie parisienne de Golshifteh Farahani et son rôle dans ce film, d’autant que le Syngué Sabour est une légende perse. Ayant quitté l’Iran et son régime agressif plus ou moins forcée, l’actrice rend les coups qu’elle a reçus en proposant au monde de voir à quel point une femme peut être battue et opprimée.

 Il s’agit en quelque sorte d’un film à festival, à l’instar du néanmoins magnifique Women without men, peu nuancé et qui peut conforter le spectateur occidental moyen dans sa vision archaïque d’un endroit du globe. L’actrice, très (trop ?) belle, suscite tout de suite l’empathie des hommes de par un physique des plus agréables et celle des femmes de par sa situation. Toujours est-il que les conditions de vie décrites dans le film existent, il faut donc en parler et pourquoi pas les dénoncer, et faire confiance au spectateur.

 L’interprétation de l’iranienne, seul véritable personnage, est tout aussi magnifique qu’elle. Le stratagème mis en place dans son roman par Atiq Rahimi – et dans son adaptation au cinéma – permet une revanche certaine des femmes en général sur l’homme, sur les hommes, ainsi qu’une grande liberté dans la narration, il est habile. Mais qu’en fait-il au fond ? Est-il nécessaire de faire une aussi fine allusion pour montrer par la suite des corps déchiquetés ?

 Si les hommes se montrent affreux en certaines circonstances, ils sont aussi capables d’amour, ce que le film ne montre pas. Les hommes sont faits pour la guerre et les femmes pour faire l’amour, oui mais avec qui alors ?

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