[Critique] « Foxfire, confessions d’un gang de filles » de Laurent Cantet

13 mar

[Critique]

N’importe quoi, elles ne font même pas brûler un renard.

 

 Pour qui connaît l’œuvre de Laurent Cantet, le Rohmer de gauche tant ses films sont ancrés dans un réel social, auteur notamment de Ressources humaines et Entre les murs, la volonté de mettre à l’écran ces adolescentes déterminées à négocier à leur manière un virage de leur vie ne surprendra pas.

 C’est plus dans la forme que le film déçoit, comme si les idées simplement montrées – d’ordinaire frontales dans les longs métrages cités précédemment, se diluaient dans un scénario étriqué. À moins que Cantet n’ait eu pour but de respecter le roman dont l’histoire est tirée. L’esthétisme est trop mis en avant pour faire éclater l’essentiel, l’aspect politique.

 Les jeunes femmes demeurent très attachantes, particulièrement l’une d’entre elles, meneuse de groupe, belle d’esprit et dont on ne tombe amoureux qu’au fil des plans serrés sur son visage rebelle - ces plans constituent souvent dans des films réussis des moments de partage, de rapprochement, mais également un ingrédient populaire, voir populiste – à la façon du leader dans The Magdalene sisters du britannique Peter Mullan.

 Il règne une nostalgie prégnante, présente par épisode, qui se dégage du film, notamment au travers de la nature, du rayonnement du soleil, comme si une évasion, une capacité de la société à tolérer la différence, était difficile matériellement mais possible par l’esprit. Et c’est peut-être ce qu’il reste de politique, la touche Cantet tout de même palpable.

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