[Critique] « Alceste à bicyclette » de Philippe Le Guay

16 fév

[Critique]

Trouve-t-on autre chose que des musiciens sur l’île de Ré ?

 

 Philippe Le Guay est un réalisateur à surveiller.

 Après Les femmes du 6e étage, il essaie de nous hisser un ciel au-dessus mais il manque d’ambition, de renouvellement, de prises de risque pour franchir cette étape. Cependant, il me faut reconnaître que l’entreprise est plutôt réussie. Film entre amis, Le Guay et Luchini se retrouvant une fois de plus réunis mais suffisamment tourné vers le spectateur pour ne pas virer à la plaisanterie privée, Alceste à bicyclette enchaîne les scènes jubilatoires entre Luchini et Lambert Wilson sur fond de répétition générale d’une pièce de théâtre.

 Au sein d’un scénario léger, comme une sorte de jeu à l’intérieur du jeu, les deux acteurs s’en donnent à cœur joie et leur amitié, leurs animosités, ressortent bien à l’écran. Plusieurs éléments extérieurs viennent gentiment contrarier ou agrémenter leurs répétitions, le tout dans un cadre agréable : une carte postale de l’île de Ré.

 Même s’il ne s’agit pas d’un pamphlet rebelle, on peut tout de même y voir des combats menés par le réalisateur : la non-condamnation de quelqu’un par rapport à son métier, la critique de la télévision et de ses feuilletons abrutissants, l’autodérision sur le monde du cinéma, des acteurs et de leur vanité.

 Divertissement à la française, comme diront certains critiques – ce qui indique après tout que ce genre est reconnaissable parmi tant d’autres, ce long métrage est surtout l’occasion pour Le Guay de montrer son acteur fétiche dans ce qu’il sait faire de mieux : balancer entre théâtre et cinéma.

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