[Critique] « Jours de pêche en Patagonie » de Carlos Sorin

4 fév

[Critique]

Il est triste Julio Iglesias depuis qu’il ne chante plus.

 

« Ouais, j’suis allé voir un petit film argentin, pas encore connu, mais qui va faire un carton j’espère » : non et non, il ne s’agit pas d’un petit film sous prétexte qu’il est argentin, et donc non-occidental ! Un succès commercial à venir ne changerait en rien mon avis sur le film.

 Carlos Sorin doit être un homme doux. Il met une telle dose de charme et de tendresse dans les yeux et les rides de ses personnages qu’il arrive à faire souffler une légère brise au milieu des steppes de Patagonie, lieu qu’il adore et qu’il nous donne à voir dans chacun de ses films, sous différents angles.

 Avec une caméra très peu mouvante, et une seule musique entêtante – façon Godard dans Le mépris – qui revient nous émouvoir fréquemment, peu de moyens sont mis en œuvre dans cette œuvre bien au-dessus de la moyenne.

 Nombre de réalisateurs plus ou moins machistes aiment à exhiber la beauté jeune, tandis que Carlos Sorin aime à nous montrer les hommes mûrs, les gens normaux qui en deviennent d’autant plus beaux.

 Entre deux jolis paysages du bout du monde ou deux dialogues en espagnol, une intrigue légère se noue comme pour nous laisser imaginer le passé d’un personnage auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher, pour nous laisser respirer l’air marin.

 On peut, pourquoi pas, voir par moments un instantané de la situation argentine et sud-américaine à travers la désertification de la Patagonie, les difficultés économiques et le désarroi de ses habitants qui ne parviennent même plus à se rattacher à une valeur pourtant centrale dans cet endroit du monde : la famille.

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