[Critique] « Renoir » de Gilles Bourdos

24 jan

[Critique]

« Ah, si j’étais moins vieux, cette Christa, je l’aurais bien éthérée ! ».

 

 Renoir n’est pas vraiment un biopic, et tant mieux : on ne voit pas le peintre enfant, puis adulte, puis vieillard, mais seulement vieillard, on ne pourra donc pas dire que le casting est remarquable car l’enfant est très ressemblant, que l’acteur joue bien la jeunesse puis la vieillesse et que la maquilleuse a fait un superbe travail.

 Bref, Gilles Bourdos se consacre à l’essentiel : nous montrer la lumière naturelle de paysages provençaux bucoliques, la beauté du modèle Christa Theret, en possible nourriture et en casseuse d’assiettes, de plus en plus convaincante au fil des films – qui a pris parait-il quelques kilos pour le rôle, ainsi que l’amour qui va la saisir et emporter le fils Renoir, celui qui deviendra cinéaste par conviction et également par le fait d’être riche.

 Quelques approximations apparaissent dans les scènes où les jeunes amants sont seuls, sans doute à cause des mots choisis, où leurs accents paraissent trop actuels, une volonté de modernisme ?
Renoir, c’est le père et seulement le père, se faire un prénom n’est plus possible, comme si la peinture était un art supérieur au cinéma. Film pictural par moments, la narration reste vive et les colères du vieil homme, ainsi que ses nuits agitées, lui donnent du rythme.

 Lorsque l’on sort de la salle, on reste partagé entre génie et agressivité, entre maladie et naïveté – peindre comme un enfant reste son but – et l’on n’adore pas plus que l’on ne déteste Renoir. Pour une fois, le manque de prise de position du réalisateur apparaît comme une absence de jugement.

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