[Critique] « Télé gaucho » de Michel Leclerc

15 jan

[Critique]

Bande de glandeurs heureux ! Ça me dégoûte.

 

 Insensé, décousu, foutraque, déglingué, sans queue ni tête : voilà les adjectifs que vous entendrez un peu partout sur ce film. Et c’est plutôt vrai. Le souci étant que ce sont pour moi de belles qualités mais que pour les amateurs de westerns et de films d’action, ça fait désordre.

 Michel Leclerc incruste ses expériences dans chaque scène. Il se sert des bons mots, des blagues qui ont fait rire autour de lui, des émissions qui ont fait mouche quand il était à Télé Bocal, l’ancêtre de Télé Gaucho, pour nous concocter un best of de son vécu associatif.

 Pour les gens de gauche, ce long métrage fera écho en eux à certains moments, et ils se demanderont pourquoi ne pas radicaliser des traits de caractère plutôt que de faire passer les protagonistes pour des jeunes qui plus tard voteront doucement pour une gauche modérée, voire pire.

 Les gens de droite se moqueront aisément de ce côté bobo qu’ont ces babas cools au fond inoffensif, comme si être révolté ne pouvait être qu’une posture.

 On peut donc dire qu’il s’agit d’un film grand public, le mot gaucho ne désignant pas un moustachu sud-américain sur son cheval mais étant un terme péjoratif pour parler d’un gauchiste.

 Reste que le réalisateur du film Le nom des gens est doué pour nous faire nous attacher aux personnages, à ses personnages, ses acteurs, comme la belle et folle Sara Forestier : la galerie qu’il dépeint est haute en couleur et l’on aimerait les avoir pour amis, même si ça ne doit pas être reposant tous les jours !

 Ici, au fond, il ne s’agit que de rire, et l’on peut le regretter : en effet, le personnage que joue Béart ne dérange pas alors qu’elle est sensée être le grain de sable. C’est d’un rire insouciant et nostalgique dont il est question, d’un rire jeune, presque adolescent. D’un rire jaune également lorsque l’on sait que les jeunes ont désormais pour ambition de créer leur boîte, de spéculer ou de célébrer leur entreprise plutôt que de se laisser pousser les cheveux et l’espoir.

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