[Critique] « Main dans la main » de Valérie Donzelli

23 déc

[Critique]

Ce n’est pas tête contre tête le film.

 

 Le nouveau film de Valérie Donzelli, qui n’est certainement pas une comédie musicale tel qu’il est présenté, était très attendu. On ne dénombre plus le nombre d’artistes, pas totalement vides mais presque, qui ont eu un premier jet intéressant, mais qui n’ont pu confirmer par la suite. Elle n’est pas de ceux-là : ce film est réussi, du moins, il est plein d’évolutions vis-à-vis de La guerre est déclarée, intéressant car naïf et frais.

 Vous entendrez partout, au-delà des seules considérations qualitatives, qu’il est raté, parce que la presse aime descendre les gens simples et qu’elle ne s’explique pas le succès de La guerre est déclarée, parce que l’attente est trop grande, et enfin parce qu’après les huit cent mille entrées, ce film en fera moins, ce qui peut être un bon signe en soi.

 Comme Xavier Dolan dans Les amours imaginaires, Donzelli invite ici un troisième larron au milieu de la belle complicité qui la relie à Jérémie Elkaïm : Valérie Lemercier. D’ailleurs, le parallèle avec les films de Dolan ne s’arrête pas là : la musique, particulièrement Electricity, renvoie à A new error et à Pass this on.

 Le film est original, il tient sur une idée farfelue, que l’on a entre adolescents inspirés et que l’on garde dans un coin de sa tête pour la mettre en forme plus tard, une fois que l’on en aura les moyens.

 Ce film pullule de pistes pas toujours naturelles – le rêve new-yorkais par exemple, ou la pseudo-rébellion vis-à-vis du ministre – mais cette quantité d’idées désordonnées est après tout la signature de la réalisatrice.

 Là où l’ingénue Donzelli fait du cinéma plus que du divertissement, c’est quand elle essaie de faire passer une idée forte et démodée : l’amour se vit à deux et se vit à fond. À travers une fenêtre, on voit un trouple, une vie à trois, et ce n’est plus de l’amour selon elle, car l’on est seul chacun de son côté.

 Au final, le film n’est pas dogmatique et encore moins rigide, l’écart entre les deux protagonistes, comme un symbole, ne cesse de varier.

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