[Critique] « Comme des frères » d’Hugo Gelin

28 nov

[Critique]

Allez les gars, courage, un jour vous serez des acteurs.

 

 C’est de ma faute si ce film est mauvais, j’avais revu Les sentiments de Lvovsky dans la journée, alors après, forcément…

 Pour sa première recette, Hugo Gelin a empilé les ingrédients cinématographiques sans connaître les doses, ça dégouline d’amour et de bons sentiments et ça finit par nous écœurer d’amitié et de scènes toutes plus attendues les unes que les autres. Toutes les séquences doivent montrer au spectateur qu’il en a pour son argent, pas de temps mort, on joint ici l’utile au désagréable. Comme un Le cœur des hommes micro-ondable ou un Les trois frères façon fast-food.

 Pierre Niney relève un peu la sauce, Nicolas Duvauchelle est sans saveur et François-Xavier Demaison, insipide, aurait mieux fait de rester dans l’immobilier.

 Des maladresses invraisemblables émaillent le film : quand ce ne sont pas des flashbacks destructeurs d’émotion – ils hachent le récit et empêchent l’attachement aux personnages, on a droit à de la vulgarité (là encore je pense au film Le cœur des hommes dans lequel, si l’on désosse les dialogues des gros mots, on atteint une seule page), à de l’alcool bête (les inconnus s’en servaient quant à eux de façon plus politique) et à de la symbolique facile et populiste (le sac à dos en forme de singe).

 Il reste quelques moments où la complicité entre les acteurs est palpable, quelques paysages à contempler – même si la campagne et le Sud sont vus à travers des yeux atteints de parisianisme aigu : un repas bio se résumant à manger des aubergines crues et les paysans étant naturellement tous gentils.

 Un film prêt-à-rire, un route-film à l’américaine qui ne compte aucune originalité au final.

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus