[Critique] « Like someone in love » d’Abbas Kiarostami

19 nov

[Critique]

« Je déteste les ceintures de sécurité, aidez-moi à sortir de cette voiture, et de ce film ! ».

 

 Le film pourrait aussi s’appeler Sortie de secours puisque c’est vers ce panneau lumineux fort tentant qu’à de nombreuses reprises mon regard s’est porté pendant la projection.

 À l’instar du nullissime Mulholland drive du respecté et vénéré David Lynch, le dernier film de Kiarostami essaie lui aussi de perdre le spectateur dans un imbroglio de scènes pas ou peu liées entre elles.

 Peu enclin à nous éveiller, le film se transforme même en somnifère puissant lorsque les acteurs s’endorment eux-mêmes à l’écran, je n’invente rien.

 Kiarostami est le propre héros de son film : pas de scénario du tout, un manque d’épaisseur des personnages délibéré – la jeune femme est insipide et ne retrouve jamais sa beauté entrevue sur l’affiche du film, le vieillard n’est ni expérimenté ni intelligent, et pour se signaler, il abuse de gadgets de cinéma dont certains critiques pourront se gargariser. Le manque d’empathie avec le spectateur nous empêche d’être sensibles à ce que l’on voit. On se sent même piégé par moments.

 Ce réalisateur iranien, forcé à l’exil, tourne au Japon sans s’intéresser à cette culture – on ne voit à peu près rien de Tokyo, seulement les lumières de la ville et des rues anonymes – et fait un film en réaction à la critique par avance. Quand il lui est demandé pourquoi le Japon, il répond : « On ne me dira pas que j’ai fait un film occidental, tourner au Japon c’est comme tourner en Iran ».

 Je conseille le film aux insomniaques, aux gens qui veulent se reposer dans une salle obscure, aux techniciens de cinéma et à ceux qui aiment faire de la voiture sans conduire – quelle mode de nous emmener d’un endroit à un autre dans les films et de nous montrer le trajet !

 

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