[Critique] « Monsieur Lazhar » de Philippe Falardeau

13 nov

[Critique]

Ah ben voilà, je révèle l’intrigue : à un moment, ils lui mettent un poisson d’avril dans le dos.

 

 À ceux qui pensent qu’être maître d’école ne demande que peu de temps et d’implication, à ceux qui ne comprennent pas pourquoi des personnes veulent émigrer et vivre ailleurs que dans leur pays de naissance, je vous conseille de voir ce film. Si le cinéma ne devait conserver qu’une seule utilité ce serait celle-ci – sans doute suis-je naïf : j’ose espérer qu’au moins une personne changera d’avis.

 Le film est fleur d’oranger-sirop d’érable. Le mélange algéro-québécois est à savourer sans modération.

 L’interprétation très sobre de Fellag y est pour beaucoup. On se retrouve tout de suite avec de la craie sur les doigts : une proviseure, une salle des profs, des enfants au délicieux accent dans une cour de récréation enneigée, le décor est planté.

 En fermant les yeux, ou plutôt en les écarquillant, on peut y être entièrement. Dans ce cadre, la transmission du savoir, l’amitié entre les élèves, les relations parents-professeurs et au-delà la projection des traits de caractère des parents sur leurs enfants, sont des thèmes abordés avec finesse par le réalisateur.

 Ce n’est pas en quittant l’école que l’on quitte les visages, les difficultés, la belle candeur, l’arrogance attachante ou pas des enfants avec qui l’instituteur passe plus de temps qu’avec sa propre famille.

 On entre dans le pathos (Porthos et Aramis) sans honte, sans complaisance, et c’est plaisant, cela nous rapproche des deux héros de la classe, adorables au possible.

 Même s’il reste gentillet, le film n’est pas que drôle, loin de là, des larmes viennent en plus des rires, et l’on sort au final un peu plus léger, délesté de ces quelques gouttes d’eau.

 

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