[Critique] « Despues de Lucia » de Michel Franco

8 nov

[Critique]

Les adolescents mexicains traitent l’acné comme ils peuvent.

 

 Si vous doutez de la nature humaine, ou si votre petit(e) ami(e) vient de vous quitter, évitez de voir ce film le soir même.

 D’une jeunesse désœuvrée et mal encadrée, par parents et professeurs, Despues de Lucia révèle beaucoup de choses.

 Le film est dur. Il aborde la faiblesse dont on peut faire preuve à une époque charnière de notre vie : l’adolescence.

 Michel Franco nous entraîne au cœur de la jeunesse citadine mexicaine qui, comme partout ailleurs, raconte ses exploits alcoolisés, ses périples fantasmés et sa sexualité inassouvie.

 Dans une longue et progressive dégringolade de son être, Alejandra, la fille de Lucia, trop belle et trop naïve pour ne pas être exploitée en ce bas monde, nous emporte dans sa déchéance presque improbable et pourtant si réelle.

 Plutôt qu’une analyse froide et une prise de recul sur les événements, le réalisateur nous plonge la tête sous l’eau – qui d’ailleurs tient ici une place prépondérante : on s’en sert pour laver nos affronts, pour rendre l’espace d’un instant sa vie plus fluide, plus facile – et l’on agonise avec la jeune fille.

 La scène finale, très violente mais sans effusion de sang, n’est là que pour soulager les plus mesquins d’entre nous ou pour rajouter à l’écœurement des plus tolérants, comme une ultime preuve de la qualité d’un film qui divise et peut faire brinquebaler sur le trottoir en sortant de la salle.

 La réalité, ici l’être humain colonisateur de la faiblesse de l’autre, est si vaste à explorer qu’elle dépasse de loin toutes les fictions.

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