[Critique] « Amour » de Michael Haneke

29 oct

[Critique]

Des vieux qui s’embrassent, non mais ! Pourquoi ne filme-t-il pas des filles en bikini ?

 

 L’amour des deux acteurs pour commencer, pour ceux qui ont aimé Hiroshima mon amour (l’amour encore et toujours) et  Ma nuit chez Maud, un demi siècle d’excellent cinéma français nous contemple.

 L’amour de millions de gens négligés, honteux, pas en vogue, à l’écart : nos vieux.

 Ce film ne nous demande pas ce que nous pourrions faire d’eux, il nous dit que leurs vies leur appartiennent, qu’ils sont assez grands pour prendre leurs décisions, pour vivre à leurs rythmes, comme ils l’entendent, pour s’euthanasier eux-mêmes.

 Amour est beau, très lent, pas commercial pour un sou, le huis clos est presque parfait, il ne cesse que succinctement pour mettre en évidence la solitude de nos aînés, leur silence et leur refus d’être jugés par un entourage insensible.

 Haneke parle de ce qu’il connaît : la société autrichienne – et à travers elle le continent européen, même si elle n’est pas clairement identifiée dans le film : on ne peut l’en blâmer, tout en remarquant que ses vieux évoluent dans un milieu suffisamment riche pour éviter les questions matérielles. Non, son cinéma n’est pas social, il est plutôt précieux. Ce qui explique en partie, malgré la qualité du film, sa palme d’or à Cannes.

 Le réalisateur nous épargne pour une fois son sadisme et sa violence gratuite (Funny games et même Le ruban blanc) pour se faire plus métaphorique.

 Si, selon certains, l’amour dure trois ans, qu’en reste-t-il après cinquante ans, quand les corps sont flétris et les esprits fatigués ? L’Amour majuscule, sans doute.

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